Peindre à partir des images du passé
- anaelgarcia
- il y a 4 jours
- 3 min de lecture
Les 20 et 21 septembre 2025, j’ai participé aux Journées Européennes du Patrimoine sur le thème du patrimoine architectural avec le collectif Pari(s) Affresco, autour d’un projet centré sur la reproduction de peintures murales anciennes. Contrairement à une exposition classique, il ne s’agissait pas ici de présenter des créations originales, mais de travailler à partir d’images existantes, issues du patrimoine.
Cette approche, à la fois humble et exigeante, invite à ralentir le regard et à entrer dans la logique des œuvres : comprendre comment elles sont construites, comment elles ont été peintes, et ce qu’elles transmettent encore aujourd’hui.

Reproduire pour comprendre : un fragment de Saint-Savin
J’ai choisi de reproduire un fragment de la coupole de l’abbaye de Saint-Savin, connue pour ses fresques romanes du XIᵉ siècle. Ce travail m’a amenée à observer de près les choix formels propres à cette période : stylisation des figures, organisation de l’espace, économie de moyens dans la palette.

La reproduction devient alors un outil d’analyse. Elle oblige à faire des choix, à interpréter certaines parties lacunaires, et à adapter une image conçue pour l’architecture à un format transportable. C’est un exercice qui se situe entre fidélité et traduction.



Des fresques portatives issues des archives
Les autres membres du collectif ont également travaillé à partir de fresques médiévales et renaissantes situées en France, en s’appuyant sur des relevés conservés par les Archives des Monuments historiques et de l’Archéologie.
Ces documents, initialement produits pour l’étude ou la restauration, prennent ici une nouvelle fonction. En étant réactivés par la peinture, ils permettent de redonner une présence matérielle à des œuvres parfois éloignées, fragmentaires ou difficiles d’accès.

Fresque réalisé par Nathalie Ouaknine

Fresque en cours de réalisation par Valérie Berjonneau

Fresques réalisés par Valérie Letombe

Fresque en cours de réalisation par Aline Moulin
Et si la fresque revenait au mur ?
La présentation avait lieu à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, à Charenton-le-Pont. Présenter des fresques portatives dans un lieu dédié à la conservation des images pose une question simple : que manque-t-il pour que ces gestes retrouvent pleinement leur place dans l’architecture ? Car la fresque est, à l’origine, indissociable du mur qui la porte — pensée pour un espace, une lumière, une circulation.
À l’issue de ces journées, moi-même ainsi que d’autres membres de l’association avons fait le choix de laisser une trace de cette expérience en faisant don de nos réalisations à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie. Ces pièces, désormais intégrées aux collections, prolongent autrement leur existence, entre archive et transmission.
Dans le même élan, des échanges ont été engagés autour de la possibilité de réaliser, à terme, des fresques directement sur les murs du lieu. Une manière de réinscrire la pratique dans son contexte d’origine, et de faire dialoguer conservation et création in situ. Ce projet ouvre une perspective stimulante que nous espérons voir se concrétiser.
Fiche informations
Lieu Médiathèque du patrimoine et de la photographie, Charenton-le-Pont (France)
Dates 20–21 septembre 2025
Événement Journées Européennes du Patrimoine
Participation Exposition collective avec l’association Pari(s) Affresco
Technique Peinture a fresco (buon fresco)
Références iconographiques Fresques romanes (Abbaye de Saint-Savin, XIᵉ siècle) et relevés d’œuvres médiévales et renaissantes conservés par les Archives des Monuments historiques et de l’Archéologie
Matériaux Chaux, sable, pigments naturels
Type de réalisation Fresques portatives – reproductions interprétées d’œuvres patrimoniales dans un cadre de recherche et de transmission collective



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